12-12-2017 00:24:08

Stylographie montre un nouveau visage…


Bien sûr en poussant la porte de Stylographie, vous n’aurez autour de vous aucun mur blanc, aucune cimaise ni chevalet devant lesquels s’attarder, aucun projecteur braquant les œuvres et dirigeant votre regard, ni l’opportunité de trinquer avec le peintre puisque pas de vernissage, et encore moins, dans votre visite, l’accompagnement et les avis avisés de quelque galeriste.  

J’ai toujours pensé qu’une certaine hardiesse était à l’origine de ce pas qui nous fait pénétrer dans une galerie d’art, une vraie. D’abord parce que l’on vient à la rencontre d’un univers potentiellement inconnu, en conséquence intimidant, quelquefois embarrassant. Aussi parce que de cet endroit se dégage quelque chose consciemment ou non d’un lieu faisant resurgir les poncifs, étrangement antithétiques : le microcosme artistique n’est pas un monde où j’ai ma place, je préfère me réserver pour les grandes expositions…   

Autant d’appréhension ou de dédain, sinon davantage lorsqu’il s’agit d’une galerie virtuelle. Pléthore sur le Net, il faut bien l’avouer. Mais quand même, si vous êtes là, à lire ces quelques lignes, découvertes au hasard de la balade virtuelle ou suite à une recherche plus ou moins approfondie, il y aurait comme le témoignage de votre intérêt pour les arts en général et de la peinture en particulier, le réconfort de savoir que vous ne dédaignez guère de découvrir un nouvel univers pictural.

Aussi quel enjeu pour le peintre, cette galerie virtuelle ? Et plutôt que galerie, je me permets de proposer « atelier ». Quelle que soit la qualité, ou l’imperfection, de la reproduction des images qui sont exposées, un écran ne peut rendre compte comme de visu, réellement, du travail du peintre. L’odeur, la matière, l’espace et les dimensions, l’absence du contact direct avec l’œuvre fera de toute façon défaut. De même que la possibilité de l’échange avec le peintre.
Alors oui, atelier, dans lequel avoir un aperçu de ma peinture écrite et de mon écriture peinte, qui se veulent, et sans forfanterie, une porte entrouverte sur mon univers personnel. Une manière d’engager, d’entretenir une relation visuelle, qui pourrait ouvrir sur ou se prolonger, tôt ou tard, dans l’atelier bien réel, celui-ci, du peintre.

Puisqu’il s’agit vraiment de cela : ne pas simplement montrer et voir, mais bel et bien argumenter, visuellement parlant, autour de mon travail, de celui de quelques autres. Comme une intention, certainement pleine d’une ambition mesurée mais sans orgueil, de faire entrer dans votre esprit, dans votre cœur, sous votre toit, un peu de l’envers et du complément à cette vie matérialiste qui fait de chacun d’entre nous davantage un être humain qu’un être pourvu d’anima ou d’animus.

Dominique Boucher